Carburant ou électrique : le plus rentable sur 100 000 km

Carburant vs Recharge électrique : qui est le plus rentable ?

Faut-il rouler à l’essence ou passer à l’électrique ? Sur 100 000 km, les différences de coût, d'entretien et d'impact environnemental peuvent surprendre. Dans cet article, on compare en détail les deux options pour déterminer laquelle est la plus rentable selon votre usage.

Michel Duar

14 août 2025

9 min de lecture

Coût d'achat : essence, diesel ou électrique ?

Le prix d'achat initial est souvent l'un des premiers critères que l'on regarde avant de choisir un véhicule. Entre voitures essence, diesel et électriques, les écarts sont significatifs, et il est important de comprendre les raisons de ces différences.

Les véhicules essence ont généralement un prix d'achat inférieur à celui des diesels, notamment sur les modèles d'entrée et milieu de gamme. Ils bénéficient d'une technologie plus simple et d'une production massive qui maintient les coûts bas. En revanche, les motorisations diesel sont souvent proposées sur des véhicules plus hauts de gamme, avec des prix plus élevés à l'achat, même si certaines voitures diesel abordables existent.

Les voitures diesel sont parfois plus chères à l'achat que les essence car elles intègrent des moteurs plus robustes et des systèmes d'injection plus sophistiqués, destinés à optimiser la consommation et la durabilité. Toutefois, ces prix peuvent être compensés à long terme par une meilleure consommation sur les grands trajets.

En comparaison, les véhicules électriques affichent un coût d'achat initial souvent supérieur, et ce pour plusieurs raisons :

  • Le prix élevé des batteries lithium-ion, qui représentent une part importante du coût total du véhicule.
  • La technologie de motorisation électrique, encore moins standardisée que les moteurs thermiques, avec des composants coûteux comme les onduleurs et systèmes de gestion thermique.
  • Les volumes de production plus faibles qui n'ont pas encore permis de faire baisser massivement les prix, bien que cela évolue rapidement.

Cependant, il est important de noter que des aides financières et bonus écologiques peuvent réduire significativement le prix d'achat des voitures électriques dans de nombreux pays, incluant des primes à l'achat, des exonérations de taxes ou des subventions locales. Ces dispositifs rendent souvent l'électrique plus accessible.

Enfin, il faut également prendre en compte que le coût total d'achat peut varier en fonction des options et des modèles. Par exemple, certaines voitures essence ou diesel très haut de gamme peuvent dépasser largement le prix d'entrée de gamme d'un véhicule électrique.

Pour résumer, le choix du véhicule en fonction du coût d'achat initial dépend du budget, du type de modèle recherché, mais aussi des aides disponibles. Le prix plus élevé de l'électrique peut être compensé par les économies sur le long terme, mais c'est un investissement à anticiper dès l'achat.

Coût de l'énergie : carburant vs recharge

Le coût de l'énergie est un facteur clé pour évaluer la rentabilité d’un véhicule sur le long terme. Entre le prix du carburant et celui de l’électricité, les différences peuvent être importantes et varient selon plusieurs critères.

Pour les véhicules thermiques, le coût dépend principalement du prix du litre de carburant — essence ou diesel. Ce prix fluctue en fonction des cours du pétrole, des taxes gouvernementales, et des marges des distributeurs. En 2025, en France, le prix moyen tourne autour de 1,80 à 2,00 € le litre pour l’essence et légèrement moins pour le diesel, bien que cette différence tende à se réduire.

Un autre point à considérer est la consommation moyenne du véhicule, généralement exprimée en litres aux 100 km. Par exemple, une voiture essence consommant 6 L/100 km coûtera environ 10,80 € pour parcourir 100 km si le litre est à 1,80 €. Sur 100 000 km, cela représente environ 10 800 € de carburant, sans compter les variations de prix dans le temps.

En comparaison, les véhicules électriques utilisent l'électricité, facturée au kilowattheure (kWh). Le prix moyen de l’électricité domestique en France est autour de 0,18 € par kWh, mais ce coût peut varier selon le fournisseur et le contrat. Certaines offres proposent des tarifs spécifiques pour la recharge nocturne, plus avantageux.

La consommation moyenne d’un véhicule électrique est généralement exprimée en kWh pour 100 km, souvent entre 15 et 20 kWh/100 km selon le modèle et le type de conduite. En prenant une consommation moyenne de 17 kWh/100 km et un prix moyen de 0,18 €/kWh, le coût de recharge sera d’environ 3,06 € pour 100 km. Sur 100 000 km, cela correspond à un total d’environ 3 060 €.

Il est important de noter que ce calcul de base ne tient pas compte :

  • Des différences de prix entre la recharge à domicile et la recharge sur borne publique, cette dernière pouvant être plus chère (jusqu’à 0,40 € ou plus par kWh) en raison des frais d’exploitation.
  • Des pertes liées à la recharge : la conversion de l’électricité dans la batterie n’est pas à 100 % efficace, ce qui peut augmenter légèrement la consommation réelle.
  • De la variation des prix du carburant à la pompe qui peut être volatile à cause des facteurs géopolitiques.

En revanche, la recharge électrique à domicile, souvent réalisée la nuit avec des tarifs réduits, peut offrir un avantage significatif en coût au kilomètre par rapport au carburant. Par ailleurs, l’électricité d’origine renouvelable peut aussi avoir un impact écologique positif, mais cela sort du cadre du coût pur.

Enfin, certains pays ou régions proposent des tarifs spéciaux ou des aides pour encourager la recharge électrique, réduisant encore davantage le coût de l’énergie.

En résumé, sur la base des tarifs actuels et des consommations moyennes, la recharge électrique revient en moyenne 3 à 4 fois moins chère que le carburant pour parcourir la même distance.

Entretien et réparations : qui coûte le moins cher ?

L'entretien et les réparations représentent une part importante du budget sur la durée de vie d'un véhicule. Comparer les coûts entre voitures essence, diesel et électriques permet de mieux anticiper ces dépenses récurrentes.

Les véhicules thermiques (essence et diesel) ont des moteurs complexes composés de nombreuses pièces mobiles : pistons, soupapes, vilebrequin, injecteurs, courroies, etc. Cette mécanique nécessite un entretien régulier et souvent coûteux :

  • Vidanges d'huile tous les 10 000 à 15 000 km selon le modèle, avec changement du filtre à huile.
  • Remplacement des filtres à air, à carburant, et à pollen.
  • Contrôle et éventuel remplacement des bougies d’allumage (essence) ou des bougies de préchauffage (diesel).
  • Révision de la distribution, qui peut impliquer le changement de courroies ou chaînes, souvent entre 80 000 et 150 000 km, une opération coûteuse.
  • Entretien du système d’échappement, avec contrôle des catalyseurs et filtres à particules (diesel notamment).

Les pannes mécaniques sont également plus fréquentes avec le temps, notamment sur la pompe à eau, la boîte de vitesses (manuelle ou automatique), ou les injecteurs. Ces réparations peuvent rapidement alourdir la facture.

En revanche, les véhicules électriques ont une architecture mécanique beaucoup plus simple :

  • Un moteur électrique avec très peu de pièces mobiles, donc moins d'usure mécanique.
  • Pas de vidange d'huile moteur ni de filtres associés.
  • Pas de système d’échappement, ni d’embrayage, ni de boîte de vitesses complexe (souvent une transmission à rapport unique).
  • Un freinage partiellement assisté par récupération d’énergie, ce qui réduit l'usure des plaquettes de frein.

Les entretiens se limitent souvent à la vérification des systèmes électroniques, des batteries, des pneumatiques, et du liquide de refroidissement de la batterie. Bien que les batteries aient une durée de vie estimée entre 8 et 15 ans selon les usages, leur remplacement reste l’une des interventions les plus coûteuses.

En moyenne, l’entretien annuel d’une voiture électrique peut coûter entre 30 % et 50 % de moins qu’une voiture thermique. Ce gain s’explique par la simplicité mécanique et la réduction des pièces d’usure.

Il faut néanmoins noter que certaines réparations spécifiques aux véhicules électriques, comme le remplacement de la batterie ou des composants électroniques, peuvent entraîner des coûts élevés. Cependant, ces opérations restent rares pendant les 100 000 premiers kilomètres.

Enfin, le coût des pièces détachées et la main d’œuvre peuvent aussi varier. Dans certains pays, les véhicules électriques bénéficient d’une maintenance prise en charge ou facilitée par les constructeurs et les réseaux spécialisés.

En résumé, sur 100 000 km, l’entretien et les réparations des véhicules électriques sont généralement moins coûteux que ceux des véhicules essence ou diesel, grâce à une mécanique plus simple et moins de pièces sujettes à l’usure.

Autonomie, recharge et ravitaillement : quelle liberté au quotidien ?

L’autonomie et la facilité d’approvisionnement en énergie sont des critères déterminants dans le choix entre véhicule thermique et électrique, car ils impactent directement la liberté de mouvement et le confort d’utilisation au quotidien.

Pour les voitures à moteur thermique, l’autonomie est généralement élevée, avec des réservoirs d’une capacité moyenne de 40 à 70 litres. Selon la consommation, cela peut représenter entre 500 et 1 000 kilomètres d’autonomie, voire plus pour certains diesels très économes.

Le ravitaillement est rapide : un plein d’essence ou de diesel ne prend en général que 3 à 5 minutes dans une station-service, qui sont par ailleurs très répandues et accessibles partout, y compris dans les zones rurales ou éloignées.

Cette rapidité et cette densité des points de distribution garantissent une grande liberté pour les trajets longs ou imprévus, avec une possibilité de s’arrêter n’importe où et à tout moment pour refaire le plein.

En revanche, l’autonomie des véhicules électriques reste plus limitée, même si elle progresse rapidement grâce aux avancées technologiques des batteries. Aujourd’hui, la plupart des modèles populaires offrent une autonomie réelle comprise entre 300 et 500 km en conditions réelles, avec des modèles haut de gamme qui peuvent dépasser les 600 km.

La recharge électrique nécessite plus de temps que le plein de carburant. Selon le type de borne, le temps de recharge varie considérablement :

  • Recharge domestique (prise standard ou Wallbox) : entre 6 et 12 heures pour une recharge complète, ce qui correspond généralement à une recharge de nuit à domicile.
  • Borne de recharge rapide (50 kW) : environ 30 à 60 minutes pour récupérer 80 % de la batterie.
  • Borne ultra-rapide (150 kW et plus) : permet parfois de charger 80 % en moins de 20 à 30 minutes, mais ces bornes restent encore peu nombreuses.

La disponibilité des bornes de recharge est un facteur clé de la liberté d’utilisation. En ville, les bornes publiques se multiplient, facilitant la recharge en journée. En revanche, sur autoroute ou en zone rurale, leur densité est encore insuffisante dans certains secteurs, ce qui peut limiter la spontanéité des déplacements.

Il faut aussi prendre en compte que la recharge n’est pas toujours possible partout et que certaines bornes peuvent être occupées ou en panne, ce qui nécessite une planification plus précise des trajets pour éviter les imprévus.

Un autre aspect est l’impact de la météo et du style de conduite sur l’autonomie électrique : les températures froides réduisent significativement la capacité des batteries, tout comme une conduite sportive ou à grande vitesse.

Enfin, les véhicules électriques bénéficient d’une récupération d’énergie au freinage qui contribue à prolonger l’autonomie en ville ou dans les embouteillages, un avantage absent des véhicules thermiques.

Au quotidien, les véhicules thermiques offrent une autonomie plus étendue et une recharge ultra-rapide, garantissant une grande liberté sans contraintes. Les véhicules électriques, quant à eux, nécessitent davantage d’organisation pour la recharge, mais offrent une expérience fluide pour les trajets urbains et périurbains, surtout si la recharge à domicile est possible.