Préparer la fin des voitures thermiques prévue en 2035

Interdiction des véhicules thermiques en 2035

L’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035 approche à grands pas. Cette révolution du secteur automobile implique de grands changements pour les particuliers comme pour les professionnels. Quels véhicules choisir ? Quelles aides solliciter ? Faut-il s’y préparer dès maintenant ? Cet article vous donne les clés pour aborder cette transition sereinement.

Michel Duar

12 août 2025

9 min de lecture

Que signifie concrètement l’interdiction des véhicules thermiques en 2035 ?

L’interdiction prévue pour 2035 concerne la vente de véhicules neufs équipés de moteurs thermiques fonctionnant à l’essence ou au diesel. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie européenne visant la neutralité carbone à l’horizon 2050. Elle a été validée par le Parlement européen en 2023 dans le cadre du plan climat « Fit for 55 ».

Concrètement, à partir du 1er janvier 2035, les constructeurs automobiles ne pourront plus commercialiser de voitures neuves à moteur thermique au sein de l’Union européenne. Cela inclut :

  • les véhicules essence, diesel et bi-carburation (GPL ou E85),
  • les véhicules hybrides simples (même rechargeables),
  • et tous les véhicules fonctionnant principalement avec un moteur à combustion interne.

Les seuls véhicules neufs autorisés à la vente seront donc ceux émettant zéro émission à l’échappement, comme les voitures 100 % électriques ou fonctionnant à l’hydrogène.

Il est important de noter que cette interdiction ne concerne pas les véhicules déjà en circulation. Les voitures thermiques achetées avant 2035 pourront toujours être utilisées, revendues en occasion et entretenues sans restrictions immédiates. Elles ne seront pas retirées de la circulation, mais leur part dans le parc automobile diminuera progressivement.

Cette mesure ne s’applique également qu’aux voitures particulières et aux véhicules utilitaires légers. Les poids lourds, bus, autocars ou véhicules spécialisés (engins agricoles, de chantier, etc.) sont soumis à d’autres calendriers et régulations spécifiques.

Enfin, quelques exceptions pourraient exister pour certains constructeurs à faible volume de production (souvent des marques de luxe ou artisanales), qui pourraient bénéficier de délais supplémentaires ou de régimes dérogatoires limités dans le temps.

Cette réglementation s'accompagnera de critères stricts en matière d’émissions mesurées sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules. Il ne s’agit donc pas seulement de ce qui sort du pot d’échappement, mais aussi de la manière dont le véhicule est fabriqué, utilisé et recyclé.

Pourquoi cette transition est-elle nécessaire ?

La transition vers des véhicules à zéro émission répond à des enjeux environnementaux, sanitaires, économiques et géopolitiques de plus en plus pressants. L’objectif principal est de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au secteur des transports, qui représente à lui seul environ 25 % des émissions de CO₂ en Europe, dont une large part provient des voitures particulières.

Les moteurs thermiques, en brûlant des carburants fossiles (essence, diesel), rejettent non seulement du CO₂ mais aussi d’autres polluants atmosphériques comme les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines, responsables de maladies respiratoires, cardiovasculaires et neurologiques. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, la pollution de l’air cause plus de 300 000 décès prématurés par an en Europe.

Cette transition est également motivée par la volonté de réduire la dépendance énergétique de l’Europe. Les carburants fossiles sont majoritairement importés, souvent de zones géopolitiquement instables. En développant une mobilité électrique alimentée par des énergies locales, renouvelables ou bas-carbone, l’UE cherche à renforcer sa sécurité énergétique et sa résilience.

Sur le plan économique, cette transformation pousse à l’innovation et soutient la compétitivité de l’industrie automobile européenne. Elle crée de nouveaux débouchés dans les domaines de la batterie, de la mobilité intelligente, de la gestion de l’énergie et du recyclage. À condition d’être bien accompagnée, cette mutation peut générer de nouveaux emplois qualifiés et des filières industrielles durables.

Enfin, cette transition répond à une pression croissante de la société civile. Les citoyens, notamment les jeunes générations, réclament des politiques plus ambitieuses en matière de lutte contre le changement climatique. De nombreuses grandes villes prennent déjà des mesures locales (zones à faibles émissions, restrictions de circulation, incitations à la mobilité douce) pour améliorer la qualité de vie urbaine et réduire leur empreinte carbone.

Adopter une mobilité propre ne se limite donc pas à une contrainte réglementaire : c’est une étape incontournable pour construire un modèle de transport plus soutenable, respectueux de la santé humaine, de l’environnement et des ressources de la planète.

Les alternatives aux véhicules thermiques : que choisir ?

Face à la disparition progressive des moteurs thermiques, plusieurs solutions s’offrent aux automobilistes pour continuer à se déplacer tout en respectant les futures normes environnementales. Le choix de l’alternative dépend de nombreux critères : budget, usage quotidien, accessibilité à la recharge ou encore sensibilités écologiques.

Les véhicules 100 % électriques (VE)

Les voitures électriques à batterie sont aujourd’hui l’alternative la plus répandue. Elles fonctionnent sans carburant fossile et ne produisent aucune émission à l’échappement. Leur moteur électrique est silencieux, plus simple mécaniquement, et offre une conduite souple.

Les avancées technologiques ont permis d’augmenter leur autonomie, qui varie généralement de 300 à plus de 500 km selon les modèles. Le coût d’usage est également avantageux : recharge moins chère que le plein de carburant, entretien réduit (pas de vidange, moins de pièces mobiles).

Cependant, leur prix d’achat reste plus élevé que celui d’un véhicule thermique, bien que partiellement compensé par des aides gouvernementales et bonus écologiques. De plus, l’accès à une borne de recharge (à domicile ou en itinérance) est un critère déterminant.

Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV)

Les hybrides rechargeables combinent un moteur thermique et un moteur électrique alimenté par une petite batterie. Ils permettent de rouler en mode 100 % électrique sur des trajets courts (généralement entre 30 et 80 km), puis basculent automatiquement sur le thermique pour les distances plus longues.

Ils représentent une solution de transition intéressante pour ceux qui ne peuvent pas encore passer au tout électrique, notamment en zones rurales. Toutefois, leur efficacité environnementale dépend fortement de la fréquence de recharge : s’ils sont utilisés comme de simples thermiques, leurs émissions peuvent être importantes.

Les véhicules à hydrogène

Encore peu répandus, les véhicules à pile à combustible fonctionnent en convertissant l’hydrogène en électricité à bord. Ils n’émettent que de la vapeur d’eau et offrent des temps de recharge très courts (3 à 5 minutes) pour une autonomie équivalente aux thermiques.

Cette technologie reste aujourd’hui coûteuse et dépendante d’un réseau de distribution très limité. Elle est principalement utilisée dans certains secteurs professionnels (flottes, taxis, transports lourds), mais pourrait se démocratiser à moyen terme si l’hydrogène vert devient plus accessible.

Les nouvelles formes de mobilité

La transition ne passe pas uniquement par le remplacement d’un véhicule individuel. Il est également possible d’adopter des alternatives plus légères et souvent plus économiques comme :

  • Les voitures sans permis ou micro-urbaines électriques, adaptées aux trajets courts en ville.
  • L’autopartage : louer ponctuellement un véhicule électrique selon ses besoins.
  • Le covoiturage, pour optimiser les déplacements quotidiens.
  • Les vélos et trottinettes électriques, particulièrement efficaces en milieu urbain.

Ces solutions s’inscrivent dans une logique de mobilité plus raisonnée et multimodale, qui réduit la dépendance à la voiture individuelle et diminue l’empreinte carbone globale.

Quel budget prévoir pour passer à l’électrique ?

Le passage à un véhicule électrique représente un investissement important, mais il convient de distinguer le coût d’acquisition initial du coût d’usage sur le long terme. En prenant en compte les aides disponibles et les économies réalisées à l’usage, le véhicule électrique devient souvent plus compétitif qu’il n’y paraît.

Prix d’achat d’un véhicule électrique

En 2025, le prix moyen d’un véhicule 100 % électrique neuf varie entre 20 000 € et 45 000 €, selon le modèle, l’autonomie, la marque et les options. Les modèles urbains comme la Dacia Spring ou la Fiat 500e sont parmi les plus abordables, tandis que les SUV et berlines premium dépassent facilement les 40 000 €.

Les véhicules d’occasion électriques commencent à se démocratiser, avec des modèles accessibles à partir de 10 000 € à 15 000 €. Cependant, il est essentiel de vérifier l’état de la batterie et les garanties restantes avant l’achat.

Les aides financières disponibles

Plusieurs dispositifs publics permettent d’alléger le coût d’achat :

  • Le bonus écologique : jusqu’à 4 000 € pour l’achat d’un véhicule électrique neuf, sous conditions de ressources.
  • La prime à la conversion : jusqu’à 6 000 € si vous mettez à la casse un ancien véhicule polluant (Crit’Air 3 ou plus).
  • Des aides régionales ou locales : certaines collectivités ajoutent des subventions complémentaires (par exemple en Île-de-France, en Occitanie...).

Ces aides sont cumulables et peuvent faire baisser significativement la facture finale, notamment pour les ménages modestes ou les professionnels.

Coût de la recharge

Recharger une voiture électrique coûte bien moins cher que faire un plein de carburant. À domicile, avec un tarif réglementé, le coût moyen est d’environ 2 à 4 € pour 100 km. Sur borne publique rapide, les tarifs varient davantage, allant de 0,30 € à 0,60 € par kWh, selon l’opérateur.

L’installation d’une borne de recharge à domicile (wallbox) représente un coût initial d’environ 700 à 1 500 €, hors subventions. Ce coût peut être en partie pris en charge grâce au crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) ou des aides locales.

Entretien et assurance

L’entretien d’un véhicule électrique est 30 à 40 % moins cher qu’un véhicule thermique. Il n’y a pas de vidange, pas d’embrayage, peu de pièces d’usure, et les freins sont moins sollicités grâce au freinage régénératif. Cela réduit les visites chez le garagiste et les frais de maintenance à long terme.

Côté assurance, les tarifs peuvent varier selon les compagnies. Certains assureurs proposent des offres spécifiques pour les VE, souvent alignées sur les tarifs des thermiques, voire légèrement inférieures si le véhicule est peu puissant ou utilisé occasionnellement.

Autres coûts à anticiper

Même si la batterie est conçue pour durer, son remplacement peut représenter un coût important. Toutefois, les garanties constructeur couvrent généralement la batterie pendant 8 ans ou 160 000 km. Certains constructeurs proposent aussi la location de batterie, ce qui peut réduire le prix d’achat mais générer un coût mensuel.

Il est aussi recommandé d’anticiper d’éventuels frais liés à la mise à niveau de l’installation électrique domestique si vous vivez dans un logement ancien ou en copropriété.

En somme, même si le budget initial peut sembler élevé, le véhicule électrique devient souvent rentable au bout de quelques années grâce à des coûts d’usage réduits, des aides à l’achat et un entretien allégé.