ZFE & Euro 7 : quel futur pour les véhicules thermiques ?

ZFE, normes Euro 7 : quel avenir pour les véhicules thermiques ?

Face aux enjeux environnementaux, les Zones à Faibles Émissions (ZFE) et la norme Euro 7 renforcent les contraintes sur les véhicules thermiques. Cet article analyse ces réglementations, leur impact sur l’industrie automobile et explore les perspectives pour les moteurs essence et diesel, au cœur de la transition énergétique.

Michel Duar

21 août 2025

7 min de lecture

Les normes Euro 7 : un cadre réglementaire renforcé

La norme Euro 7 représente la dernière étape en date dans la réglementation européenne sur les émissions polluantes des véhicules thermiques. Elle vise à réduire drastiquement les émissions nocives telles que les oxydes d’azote (NOx), les particules fines (PM), les hydrocarbures imbrûlés (HC) et le monoxyde de carbone (CO), tout en prenant en compte l'ensemble du cycle de vie du véhicule.

Contrairement aux normes précédentes, Euro 7 impose des limites beaucoup plus strictes non seulement en laboratoire, mais aussi en conditions réelles de conduite, grâce à des tests plus représentatifs. Cette approche vise à éviter les écarts souvent constatés entre mesures en laboratoire et émissions réelles sur route.

Un des aspects clés de la norme Euro 7 est la prise en compte des émissions de polluants même à l’arrêt ou en phases de démarrage et de faible vitesse. Jusqu’à présent, ces situations étaient souvent moins régulées alors qu’elles constituent une part importante des émissions urbaines. Par exemple, les émissions lors du fonctionnement au ralenti ou lors de manœuvres spécifiques sont désormais encadrées.

La norme introduit également un contrôle plus strict des émissions de particules ultrafines, qui sont encore plus dangereuses pour la santé humaine en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans les poumons. Euro 7 oblige donc à améliorer les filtres à particules, même sur les moteurs essence, jusque-là moins concernés.

Sur le plan technique, Euro 7 pousse les constructeurs à intégrer des systèmes avancés de réduction des polluants, tels que des catalyseurs SCR (Selective Catalytic Reduction) améliorés, des filtres à particules plus efficaces, ainsi que des dispositifs de surveillance continue des émissions embarqués (PEMS - Portable Emission Measurement Systems).

Par ailleurs, la norme Euro 7 étend son champ d’application à de nouveaux types de véhicules, incluant notamment les camionnettes, les bus et les poids lourds, avec des exigences spécifiques adaptées à ces catégories. Cette uniformisation réglementaire vise à harmoniser les efforts pour améliorer la qualité de l’air à l’échelle européenne.

Enfin, la mise en place d’Euro 7 est également un signal fort envoyé aux marchés et aux consommateurs, indiquant que les véhicules thermiques doivent impérativement évoluer pour rester conformes et circuler dans les zones urbaines réglementées. Cela engendre des coûts de recherche et développement importants pour les constructeurs, mais aussi des questions sur la pérennité des motorisations thermiques à moyen terme.

Impact des ZFE et normes Euro 7 sur les véhicules thermiques

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) et la norme Euro 7 exercent une pression significative sur les véhicules thermiques, en particulier ceux équipés de moteurs essence et diesel classiques. Ces mesures entraînent une modification profonde de leur conception, de leur usage et de leur place sur le marché.

Premièrement, les ZFE instaurent des restrictions d’accès strictes aux centres urbains pour les véhicules les plus polluants, souvent anciens. Cela se traduit par une interdiction progressive de circulation pour certaines catégories de véhicules thermiques, poussant les propriétaires à renouveler leur parc automobile ou à chercher des alternatives.

Sur le plan technique, pour répondre aux exigences d’Euro 7, les constructeurs doivent adapter les moteurs thermiques en intégrant des technologies coûteuses telles que des systèmes de post-traitement plus sophistiqués (catalyseurs avancés, filtres à particules renforcés, SCR optimisés). Ces modifications ont pour but de réduire les émissions polluantes à un niveau compatible avec les seuils plus sévères.

Cette adaptation technique engendre une augmentation des coûts de production, souvent répercutée sur le prix final des véhicules. Par conséquent, les véhicules thermiques conformes à Euro 7 seront généralement plus chers, ce qui peut freiner l’accès à ce type de motorisation, en particulier pour les segments d’entrée de gamme.

Par ailleurs, la complexification des systèmes embarqués pour respecter ces normes peut également entraîner des impacts sur la fiabilité et les coûts d’entretien, avec des pièces spécifiques nécessitant des contrôles et remplacements plus fréquents.

Les utilisateurs de véhicules thermiques doivent aussi composer avec une dévaluation accélérée des véhicules non conformes, dont la valeur sur le marché d’occasion baisse fortement à mesure que les ZFE se multiplient et que les interdictions s’étendent.

Enfin, cette évolution réglementaire influence le comportement d’achat des consommateurs, qui tendent à privilégier les alternatives électriques ou hybrides rechargeables, perçues comme plus adaptées aux contraintes des zones urbaines et futures normes.

En résumé, ZFE et Euro 7 contribuent à un tournant majeur pour les véhicules thermiques, en rendant leur usage plus contraignant, plus coûteux et en accélérant leur remplacement par des technologies plus propres.

Les défis techniques pour les constructeurs automobiles

Face à l’entrée en vigueur des normes Euro 7 et au déploiement des Zones à Faibles Émissions (ZFE), les constructeurs automobiles doivent relever des défis techniques majeurs pour continuer à proposer des véhicules thermiques conformes et compétitifs.

Le premier défi concerne la réduction drastique des émissions polluantes dans toutes les phases d’utilisation, y compris les phases de démarrage à froid, les faibles vitesses et le fonctionnement au ralenti. Cela nécessite de repenser en profondeur les systèmes de combustion et les dispositifs de post-traitement, afin d’optimiser la destruction des oxydes d’azote, des particules fines et des hydrocarbures imbrûlés.

Pour cela, les ingénieurs doivent intégrer des technologies de pointe telles que des filtres à particules encore plus efficaces sur les moteurs essence (GPF – Gasoline Particulate Filter), des catalyseurs SCR adaptés même aux moteurs à essence, ainsi que des capteurs et systèmes de contrôle embarqués pour assurer la conformité en temps réel.

Un autre défi technique important est lié à la complexité accrue des systèmes électroniques et logiciels nécessaires pour gérer ces dispositifs. Le contrôle précis des émissions impose une surveillance continue et une adaptation dynamique des paramètres moteur, ce qui demande des logiciels de plus en plus sophistiqués et robustes.

Ces évolutions technologiques s’accompagnent d’une augmentation de la complexité mécanique et électronique des véhicules, ce qui peut impacter la fiabilité, la maintenance et le coût global des voitures thermiques.

Par ailleurs, l’intégration de ces nouvelles technologies doit se faire tout en respectant des contraintes de taille, de poids et de coût, afin de ne pas compromettre les performances, l’autonomie et le prix final des véhicules. Trouver cet équilibre est un exercice délicat pour les fabricants.

Enfin, les constructeurs doivent également anticiper l’évolution rapide des réglementations et être prêts à adapter leurs gammes de produits sur un calendrier serré, tout en investissant massivement dans la recherche et le développement. Cela peut représenter un véritable défi financier et stratégique, notamment pour les constructeurs historiques fortement investis dans le thermique.

En résumé, les défis techniques autour des normes Euro 7 et des ZFE obligent les constructeurs à innover constamment, à complexifier leurs véhicules, et à investir dans des solutions toujours plus performantes pour réduire l’impact environnemental des moteurs thermiques.

Vers une disparition progressive des véhicules thermiques ?

Le contexte réglementaire actuel, marqué par l’essor des Zones à Faibles Émissions (ZFE) et l’adoption de normes toujours plus strictes comme Euro 7, pousse de nombreux experts à envisager une disparition progressive des véhicules thermiques dans les prochaines décennies.

Plusieurs pays européens ont d’ores et déjà fixé des dates butoirs pour l’arrêt de la commercialisation des voitures neuves équipées uniquement de moteurs thermiques. Par exemple, la France prévoit d’interdire la vente de véhicules essence et diesel à partir de 2035, tandis que d’autres pays comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas avancent des échéances similaires.

Cette tendance s’appuie sur une volonté politique forte de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air dans les zones urbaines. Les véhicules thermiques, malgré leurs évolutions techniques, restent en effet une source importante de pollution atmosphérique et de particules fines.

Par ailleurs, le développement rapide des alternatives électriques et hybrides rechargeables modifie profondément le marché automobile. Ces technologies bénéficient d’incitations financières, d’une infrastructure de recharge en expansion et d’une image de mobilité propre, ce qui attire de plus en plus de consommateurs.

Cependant, la transition ne sera pas uniforme ni immédiate. Les véhicules thermiques continueront à coexister pendant plusieurs années, notamment dans les zones rurales où les infrastructures électriques sont moins développées, ou pour certains usages spécifiques comme le transport lourd ou les véhicules utilitaires.

En outre, l’innovation technologique dans les moteurs thermiques pourrait encore retarder cette disparition, avec des recherches sur des carburants alternatifs (biocarburants, e-fuels) moins polluants, capables de réduire significativement l’empreinte carbone des moteurs actuels.

Enfin, l’aspect économique et social de cette transition est un enjeu majeur. La filière automobile thermique représente encore un secteur industriel important en termes d’emplois et de savoir-faire, ce qui pousse certains acteurs à défendre la modernisation plutôt que l’abandon pur et simple.

En résumé, si la disparition progressive des véhicules thermiques semble inévitable à moyen et long terme, cette évolution dépendra d’un équilibre complexe entre innovations technologiques, politiques publiques, dynamiques de marché et acceptabilité sociale.

Questions fréquentes

Comment les ZFE impactent-elles les véhicules thermiques ?

Elles restreignent la circulation des véhicules les plus polluants dans les centres urbains, poussant à renouveler ou adapter son véhicule.

Qu’est-ce que la norme Euro 7 ?

C’est une réglementation européenne visant à réduire drastiquement les émissions polluantes des véhicules thermiques, avec des tests plus stricts en conditions réelles.